Trois comédiennes jouant des adolescents, lumière intense de face.

Je suis trop vert

David Lescot

2024
présentation

              Je suis trop vert est la suite de J’ai trop d’amis, qui faisait suite à J’ai trop peur. Après l’été passé à appréhender dans l’angoisse son entrée en sixième (J’ai trop peur), après les premiers jours de cette nouvelle vie scolaire et sociale (J’ai trop d’amis), Moi poursuit son apprentissage de la 6e, cette époque charnière de la vie : cette fois on l’envoie en classe verte.

          Après Les Musiques fictions et Laborintus II (Ircam), j'ai eu la chance de travailler une troisième fois aux côtés de David Lescot. Pour ce spectacle jeune public au dispositif scénique minimaliste, il a fallu créer des lumières épurées, capables de se transformer au fil des scènes. La multiplicité des lieux (salle de classe, bus scolaire, dortoir, étable, champ à cultiver...) et des temporalités (aube, lumière au zénith, atmosphère nocturne) a guidé la création lumière.

distribution

Texte et mise en scène David Lescot
Avec (en alternance) Lyn Thibault, Elise Marie, Sarah Brannens, Lia Khizioua-Ibanez, Camille Bernon, Marion Verstraeten
Scénographie François Gauthier-Lafaye
Lumières Juliette Besançon
Assistante à la mise en scène Mona Taïbi
Costumes Mariane Delayre
Régie générale Guillaume Rolland

Photographies © Christophe Raynaud de Lage

Deux comédiennes éclairées en latérale, l'une avec un ballon de baudruche, lumière froide et contrastée.
" J’arrive pas à y croire. On va bien partir en classe verte. "

D’abord très déçu d’être séparé de ses camarades préférés, à Marelet-le-Puiseux, une petite bourgade très rurale. Il est hébergé dans une famille de paysans à la tête d’une petite exploitation agricole. Moi découvre la vie rurale, beaucoup moins calme qu’il le pensait : lui qui s’apprêtait à s’ennuyer, il va surtout devoir survivre dans un milieu âpre, rude, beaucoup plus bruyant que prévu, fait de levers aux aurores, du rapport direct et brutal avec la terre et les éléments, et même (car il n’est pas question de ne pas participer au travail à la ferme) de tâches harassantes et dangereuses au contact des bêtes ou des machines agraires. Il est guidé dans cette vie nouvelle par Valérie, la fille de la famille, qui a son âge, et qui ne le ménage pas dans cette initiation. Mais le monde rural lui fait aussi découvrir la nature, la vraie, et il rentrera chez lui avec un regard critique sur la superficialité et les mirages de l’existence urbaine et de la société de consommation où il avait grandi jusqu’alors.

Deux comédiennes dans une trappe du décor, lumière douce et rosée.
" Ah, ça y est, ça y est, v’là le veau, v’là le veau qui arrive, le petit veau… "
Deux comédiennes sur une scène, lumière solaire et matinale.
" Dans cette ferme, on ne force jamais la terre à faire ce qu’elle ne peut pas faire seule. "
Une comédienne sur la plateforme du décor, deux autres derrière, lumière de plein feu chaud.
" Pourquoi on plante pas juste des graines dans la terre et puis voilà ?  - Parce que nous, ce qu’on fait, c’est qu’on recrée le sol le plus vivant et le plus fertile : celui d’une forêt. "

La mise en scène de David Lescot est astucieusement minimaliste, avec une distribution réduite à trois actrices et un décor qui se limite à une grande boîte en bois avec des trappes qui s’ouvrent et se ferment. Le tout repose sur un sens de la transformation assez impressionnant. [...] Sans jamais se prendre trop au sérieux et se lancer dans un discours bêtifiant ou moralisateur à destination de son jeune public, David Lescot fait passer quand même quelques messages, en filigrane derrière des situations souvent pleines d’humour. Face aux mésaventures en tout genre que traverse cet élève de 6e D, on rit beaucoup, on est ému souvent, et on s’interroge aussi parfois : sur notre responsabilité pour l’avenir de la planète, sur le réchauffement climatique, sur les différents types d’agriculture (raisonnée ou intensive).

Cristina Marino, Le Monde, 10/11/2024

Deux personnages sur une plateforme, lumière nocturne avec un latéral et un projecteur bleuté en contre.
" Et moi, entre les deux sommeils, je vais dehors, dans la campagne, dans les champs, sur les chemins, dans la nuit. "