
Les histrioniques
Collectif #MetooThéâtre
Elles sont six et par delà leurs singularités indéfectiblement liées par leur engagement au sein du collectif #MeTooThéâtre, et par la vitalité de leur révolte. Elles ont de l’humour à revendre, l’envie d’en découdre avec l’impunité et la culture du viol et nous embarquent à vive allure dans la vie chahutée qu’implique l’engagement. Échanges sur Messenger, reconstitution de scènes clés, elles tissent une fiction sur différents niveaux de réalité pour que la théâtralité déployée mette à nu un système de domination inacceptable. En utilisant les outils du théâtre et le pouvoir du jeu, elles renversent les choses.
C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé Pauline Guyonnet (j'avais été son assistante lors d'un projet en 2016) pour co-créer la lumière de cette pièce. Au fil des semaines de résidences, nos visions se sont mêlées pour éclairer cette pièce forte et politique. La scénographie, proposée par Elizabeth Saint-Jalmes, mobile et transformable, mouvante et fragile, a été un véritable terrain de jeux pour nous.
Une création de et avec Louise Brzezowska-Dudek, Nadège Cathelineau, Marie Coquille-Chambel, Séphora Haymann, Julie Ménard & Elizabeth Saint-Jalmes
Créatrices lumières Juliette Besançon & Pauline Guyonnet
Scénographe et plasticienne Elizabeth Saint-Jalmes
Créatrices sonores Elisa Monteil & Jehanne Cretin-Maitenaz
Régie générale Marion Koechlin
Régie lumière Hélène Le François
Administration et production Par tous les temps
Production Compagnie la Fugitive
Photographies © Alain Monot


"On balance les porcs vous les engraissez."
Nous sommes autrices, actrices, dramaturges, metteuses en scène, directrices de compagnie et membres du collectif #MeTooThéâtre. En octobre 2021, suite à la parution d’un article de Cassandre Leray dans Libération sur l’affaire Didym, nous avons lancé le premier hashtag, suivi par des centaines de personnes, puis des milliers et des témoignages ont afflué, attestant que les violences pointées n’étaient pas des cas isolés, mais bien la résultante d’un système délétère de silenciation et de cooptation. Nous avons compris que nous n’étions pas seules avec notre révolte. Nous avons écrit une tribune, signée par plus de 1500 personnes, et organisé un rassemblement le 16 octobre 2021. Nous avons publié un livre chez Libertalia et nous cherchons encore et encore de nouveaux moyens et de nouveaux outils pour visibiliser cette problématique et la porter à la conscience de toustes.



Nous avons décidé de créer un spectacle pour faire coïncider notre combat politique avec notre engagement artistique. Nous montons donc un spectacle sur notre collectif, ses luttes, son histoire, ses objectifs, mais aussi plus largement ce à quoi il renvoie, la lutte pour le droit des femmes, son invisibilité et les liens sorores qui se créent sur cette route empêchée. Nous l’avons nommé Les Histrioniques, comme un pied de nez, car c’est ainsi qu’on désigne régulièrement les victimes de violences sexuelles dans les rapports d’expertise psychiatrique qui ont lieu dans le cadre des enquêtes, dans le but de les disqualifier et d’invalider leur parole.

