Trois comédiens devant un mur rayé, lumière blanche et uniforme.

Peau d’âne – La fête est finie

Marie Dilasser / Hélène Soulié

2023
présentation

          Peau d’Âne ou l’histoire dérangeante d’un bon Roi, père de famille qui, devenu veuf, veut à tout prix épouser sa fille. Alors que des milliers de voix s’élèvent pour prendre la parole sur les violences endurées enfant, l’idée d’adapter ce conte s’est imposée à la metteuse en scène Hélène Soulié. Réputée pour la radicalité de ses engagements autant que pour la délicatesse de son esthétique, elle a écrit cette pièce avec l’autrice Marie Dilasser, comme une variation contemporaine du conte de Charles Perrault. Cette création est « une pièce hybride, entre réel et fiction, qui nous invitera à entrer dans une maison et une famille modèle, à voir et à entendre ce qui s’y trame, parfois, dans le plus grand des silences. Puis à prendre la route, les chemins de traverse, pour inventer une histoire que l’on aimerait habiter. Une histoire où les enfants sortent résolument du silence et s’allient pour faire advenir de nouveaux récits, solaires et tendres, qui réparent et rendent justice. »

          Intégrer l'équipe de création de la compagnie Exit a été une expérience riche et intense. L'univers de ce conte totalement revisité m'a permis d'explorer des esthétiques lumineuses tranchées. Au fil des actes, la scénographie évolutive d'Emmanuelle Debeusscher nous transporte d'une maison contemporaine à une fête foraine colorée. Le "road-trip" de cette enfant que nous suivons dans la pièce a été un réel chant d'exploration colorimétrique. En collaboration avec la vidéaste Maïa Fastinger, nous avons créé des atmosphères mystérieuses aux teintes saturées.

distribution

Conception et mise en scène​ Hélène Soulié
Texte Marie Dilasser en collaboration avec Hélène Soulié
Assistante mise en scène Chloé Bégou
Avec Lory Hardel, Claire Engel, jean-Christophe Laurier, Lenka Luptakova, Nathan Jousni, Fanny Kervarec
Scénographie Emmanuelle DebeusscherHélène Soulié
Création vidéo Maïa Fastinger
Création lumière Juliette Besançon
Composition musicale Jean-Christophe Sirven
Création costumes Marie-Frédérique Fillion
Perruque et maquillage Marie-Frédérique Fillion et Jean Ritz
Régie lumière – vidéo Fanny Lacour
Régie son – vidéo Guillaume Blanc
Régie plateau Emmanuelle Debeusscher, Marion Koechlin
Régie générale Marion Koechlin
Production – Diffusion Jessica Régnier, Pauline Roybon 
Production Cie Exit

Photo de couverture  © Marc Ginot

Trois comédiens à table, ambiance lumineuse ponctuelle en noir et blanc.
"Attention vos papilles, et bon appétit !" © Marc Ginot
Un papa offre une robe à une enfant, piano blanc au centre, lumière froide et contrastée.
"C’est une robe pour toi. Elle te plaît ?
– J’aurais préféré des protège-tibias." © Marc Ginot
Vidéo du père projeté sur le mur du décor, enfant entre au plateau, lumière en contre froid.
"J’aimerais bien avoir une auto-tamponneuse pour foncer dans des trucs, faire tomber tous les murs." © Marc Ginot

Les contes sont écrits pour être traversés collectivement. S’ils sont populaires, c’est qu’ils peuvent s’adresser à tout le monde, et il m’ importe d’embarquer dans cette histoire comme sur un bateau où nous serions ensemble aux manœuvres, les adultes, parents ou non, et les enfants. Les contes sont là pour nous permettre de parcourir des territoires inquiétants que l’on abordera grâce à eux en sympathie. Ils sont là pour nous aider à comprendre, de manière délicate, troublante, sensible et drôle, ce qu’il nous arrive. Ils sont là pour réactiver des zones méconnues de notre esprit, de notre corps. Et peut-être pour réunifier. Ils sont là pour nous consoler et nous épouvanter. Nous réveiller, nous sortir de la torpeur. Du silence. Et nous proposer de nous inscrire dans des récits joyeux, réparateurs et émancipateurs que l’on souhaiterait habiter.

Hélène Soulié

Trois comédiens dans une auto-tamponneuse, lumière saturée bleue et verte.
Auto-tamponneuse au centre d'une étoile lumineuse, scène remplie de fumée bleue.
Un âne et une enfant dans une auto-tamponneuse, lumière bleue avec rayures vertes.

À la suite de sa fameuse série théâtrale féministe Madam, la metteuse en scène montpelliéraine Hélène Soulié s’empare avec aisance du registre jeune public pour régler son compte au Peau d’âne incestueux de Perrault. (…) À partir du fameux conte de Perrault (1694), Hélène Soulié à la mise en scène et Marie Dilasser à l’écriture, ont produit un théâtre queer. (…) Une pièce ludique, un peu dingue et colorée.

Valérie Hernandez, LOKKO.fr, 16 octobre 2023

 

Il faut aller voir “Peau d’âne – La fête est finie”, non pas pour collectionner une énième version du conte, encore moins pour faire diversion aux urgences sociétales mais pour prendre plaisir à la vivacité et à la force créatrice, subversive et réflexive de ce théâtre tellement en phase avec la sensibilité des jeunes générations.

Jean-Pierre Haddad, Blog culture du SNES-FSU, 19 octobre 2023

Personnages queers sur une scène, lumière rouge et fumée.
"Ton papa voulait se marier avec toi, non ? Alors venge-toi ! C'est pas possible de raconter des histoires pareilles !" © Marc Ginot
Comédienne au premier plan avec le visage éclairé, comédienne à l'arrière plan au milieu de miroirs sans tain, lumière en douche.
"Papa aussi dit qu’il m’aime. Et il met ses mains partout sur ma peau. Il s’est assis sur mon cœur et toi tu ne viens pas ?" © Marc Ginot
Acteur en costume inspiration drag queen entouré de quatre actrices, ambiance lumineuse bleue et rouge à la David Lynch.
"Qui dans cette salle a envie de croire l’enfant ici présente ? Personne. Pourquoi ? Parce que croire Mon Cœur c'est admettre le crime que ce papa ici présent a commis. C'est admettre l'inadmissible." © Marc Ginot

Modifier le texteCe Peau d’âne met un terme à l’inceste raconté dans le conte des Grimm et le film de Demy. (…) Mais au-delà, il construit un univers féérique possible où il y aurait des couples choisis, des hybrides et des trans, des princesses racisées et des espèces en voie d’apparition. De nouveaux contes, pour un nouveau monde non patriarcal.

Agnès Freschel, Journal Zébuline, 27 octobre 2023

 

Hélène Soulié prend à corps Peau d’âne pour en faire ressortir l’un de ses éléments les plus sombres, pourtant souvent traité avec légèreté : l’inceste entre un père et sa fille. Associée à Marie Dilasser à l’écriture, la metteuse en scène replace le conte au cœur de notre société, entre amertume, fantaisie et optimisme.

Peter Avondo, Snobinart, 13 octobre 2023

Deux comédiennes font face à un comédien, sol blanc nimbé d'une lumière froide et sombre.
"Pourquoi c'est aux enfants et aux ânes de tout faire ?" © Marc Ginot
Focus sur le personnage de la belle au bois dormant, Peau d'âne et son ami dans l'auto-tamponneuse, lumière bleue intense.
"On a tout un écosystème à réinventer !" © Marc Ginot
Scène du procès avec un grand rideau rouge en fond, quatre comédiens au plateau dans une atmosphère lumineuse saturée.
"Messieurs mesdames les autres, le papa ici présent va être jugé pour ses actes présumés sur l'enfant ici présente. Je déclare la séance ouverte !" © Marc Ginot