
5 secondes
Catherine Benhamou / Hélène Soulié
Ce jour-là, au lieu de rester comme tous les jours enfermé dans sa chambre aux volets fermés, un jeune homme a eu envie de sortir, de marcher dans la ville, et pourquoi pas prendre le RER pour aller voir un peu de vert, peut-être un bout de forêt. Simple réflexe de survie ou voyage sans retour d’un Poucet sans aucun caillou dans les poches ? L’histoire ne le dit pas.
À lui qui vit dans l’absence d’évènement depuis toujours, ce qui va arriver pendant son trajet en RER fera l’effet d’une secousse sismique. Mais de ce tremblement de terre, il n’y aura que deux lignes dans le journal. Elle, quand on l’interrogera, dira qu’elle n’y arrivait pas et c’est tout. Une drôle de rencontre entre deux êtres qui n’y arrivent pas sous le regard d’un enfant qui semble avoir tout compris.
Librement inspiré par un fait-divers qui s’est déroulé en région parisienne, ce texte interroge l’instinct maternel soit « la somme des préjugés intégrés dès l’enfance qui présentent la maternité désirée et radieuse comme la norme, une part non-négociable de l’identité féminine» (Camille Froidevaux-Metterie, Un corps à soi). Il interroge également ce qu’il y a de vivant en nous, ce qui résiste à l’écrasement et à la peur.
Texte Catherine Benhamou
Mise en scèneHélène Soulié
Avec Maxime Taffanel
Assistante mise en scène Lenka Luptakova
Scénographie Emmanuelle Debeusscher & Hélène Soulié
Lumières Juliette Besançon
Création son et dispositif sonoreJean-Christophe Sirven
Costume Pétronille Salomé
Construction décor et marionnette Emmanuelle Debeuscher
Regard marionnette Morgane Peters
Regard extérieur Chloé Bégou
Régie générale Naëlle Vallet
Photographies © Pauline Le Goff
Sur la scène des Plateaux sauvages, Hélène Soulié met en scène un fait divers dans “5 secondes” : une mère abandonne son bébé sur le quai d’un RER. Un conte de la folie ordinaire incarné délicatement par Maxime Taffanel.
Jean-Marie Durand, les Inrockuptibles, le 28/01/26



Tout débute par un timbre de voix, velouté, presque chuchoté, qui oblige à tendre l’oreille et à se rapprocher de ce narrateur qui s’excuse presque de prendre la lumière – admirablement sculptée par Juliette Besançon. Sans projection, presque sans intention, Maxime Taffanel dépose avec une déconcertante délicatesse les premiers mots, abrité derrière un clavecin qui sera son partenaire de jeu comme sa malle aux trésors.
(…) Empruntant au théâtre d’objets, explorant une appréhension du corps particulièrement touchante, le tout adossé à un texte pertinent, Hélène Soulié réussit ici un petit bijou de tendresse, comme un léger tremblement sous la peau.
Fanny Imbert, sceneweb.fr, le 30/05/26



